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LANCELLE Bernard, sculpture, artiste permanent de la Galerie Capazza depuis 1988

« Au début, je faisais des visages à peine marqués, des traces d’yeux, de nez, de front. Or, même estompé, ce côté anecdotique de la tête me gênait. J’ai donc supprimé tout ce qui pouvait faire dériver l’interprétation en dehors de l’apparence générale. Je souhaite que mes femmes aient tous les visages possibles ».

Bernard Lancelle

« Les sans-abris, les sans-raisons.

Il humble ses ouvrages, s’y livrant à corps perdu, s’y plonge.

Ses œuvres s’élèvent sans abolir les lois : elles les révèlent.

Les rêvent telles. Nous y transporte, léger navire sur le Don.

Un rêve d’élan en quelque sorte. Un rêve ailé.

L’ homme de désir nous délivrant ses songes.

Voilà l’homme, et

Quelles que soient ces femmes

Elles nous invitent au cantique

Leur axe, leur ossature,

La pression des corps

L’air chassé des terres

L’omniprésence du mystère

Font du céramiste le mendiant des cieux

De l’eau

Du feu

Et le laisse fébrile au petit jour devant l’incertitude du matin

Son chant s’élève et tout devient quantique !

Le matin, le feu, l’eau, les cieux, le mystère, les terres, les corps, l’ossature,

son axe et l’image de la femme, quelle qu’elle soit !

L’art est flexion, au fond,

et c’est à genou qu’il interpelle !

De la fusion des corps, des terres, de lave héritée des entrailles

de notre pauvre corps céleste, en un sens édifié, fondu, scellé.

L’éternité s’édifia dans l’urgence,

s’édifie et s’édifiera de même.

Tel est son chant, son écart tangentiel, son principe.

Le monde est livré aux aspirations, aux vides ambitions, aux rages.

Il se débarrasse des êtres, encense des figures,

porte aux nues ces scélérats.

Laissons cela.

Posons-nous.

Regardons le ciel s’ouvrir.

Il est encore temps de faire un pas en l’air, un pas de travers.

De se laisser porter par l’hélice, de s’avancer à l’orée des airs, et d’y entrer.

Notre enfance précède de loin notre naissance

Nos corps sont habitacles des temps anciens,

nos langues porteuses des feux de cavernes,

nos sangs sont là pour s’en souvenir

Reste alors à puiser le ciel

aux sources fractales de nos artères !

Creusons aux profondes heures de notre poussière

la clarté, la raison et la joie nues

de notre devenir

Arracher l'amour

aux marchands sans nombre

de vaniteuses vacuités

pour le déposer léger

au cœur abîmé de ce que l'on croise. »
Laurent Esquerre

« Corps voilé, corps dévoilé, corps économicisé, marchandisé, corps mutilé, corps inaccessible, fantasmé…

Corps voilé des femmes-épouses, honnêtes, voilé au nom d’une pudeur imposée ou revendiquée ; corps dévoilé des modèles des peintres, des femmes émancipées, puis des femmes libérées des années 1970 ; corps économicisé des femmes-publicité, des magazines et des affiches, des actrices pornographiques ; corps marchandisé des prostituées ; corps torturés des procès en sorcellerie ; corps mutilés des femmes excisées ; corps abusés, corps violés, corps à l’encan. Corps inaccessible des déesses à la virginité empreinte de terrible dangerosité… Corps à jamais fantasmé, puni, adulé, hyper représenté…

Corps des femmes, enjeu politique - le plus souvent pour le pire…

Bernard Lancelle poursuit depuis les années 1980 sa même obsession - obsession au sens noble : faire surgir le féminin.

Mais il s’agit là de corps sujet et non plus de corps objet. Ce qui ne signifie pas que l’émotion érotique en soit exclue ; mais l’érotique ne se confond pas, dans le cas de ces figures féminines, avec l’érotisé (ou son assez navrant avatar, le sexy).

Femmes flammes, femmes lignes, femmes graphies, écrites sur l’espace en pleins et déliés, sculpture ouverte plutôt que sculpture fermée, il s’agit moins de l’objet sculpté lui-même que de son jeu de complémentarité avec l’espace qu’il anime et qui l’anime comme un souffle vital. Et il s’agit moins de métal moulé que de la ligne de métal apurée qui fait surgir un visible invisible et, de fait, nous invite à finir pour nous-mêmes et par notre regard la sculpture, nous permet, un fugitif instant d’y atteindre… par l’art. Art dont Georges Bataille nous donnait cette métaphore : « Une voiture passe. Nous commençons à courir derrière et pendant un moment, nous avons le sentiment que nous allons la rattraper. »

Ainsi l’artiste réussit-il le partage absolu avec le public. Chacun ayant un savoir personnel intime de ce qui se révèle par l’évidé - évidé rendu évident -, tout le monde peut dès lors l’emplir à sa guise de souvenir, de rêvé, d’invisible à portée de regard, d’insaisissable à portée de l’intelligence.

Miguel Ferreira

Biographie

Né le 1er mai 1956
1972-1978
Etude aux Arts Appliqués et Métiers d’Art Olivier de Serres

Travaille dans divers ateliers à La Borne (Pierre Mestre …) puis avec Claude   Champy, Bernard Dejonghe, Daniel Pontereau

1978-1983
Atelier-Galerie à Nouhant, Creuse

Construction of a wood -fired oven

1983-1989
Studio-gallery in Issy Les Moulineaux,

Cuisson au gaz, raku, enfumage
1988   Pietrasanta, étude et pratique du Bronze

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Sélection d’expositions

« Les sirènes ne sont plus ce qu’elles étaient », Galerie Le Sorbier, Paris

« Femme Frau », Galerie Picasso, Stuttgart

Galerie Epona, Paris

Galerie Capazza, Nancay

Carré Maxim ‘s, Orly Ouest

« Sculture di terra cotta I bronzo », Hôtel Certosa di Maggiano, Siena (Italie)

« Terre et bronze », Galerie DM Sarver, Paris

« L’ascension de l’abîme », Galerie Guildia Masterov, Saint Petersbourg (Russie)

Musée d'état d'Arkhangelsk, (Russie)

Galerie Art’Mature, Rouen

Galerie C, Amiens

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