MOLLARD Claude, photographie, artiste permanent de la Galerie Capazza depuis 2010

« L’Asiatique du canal, mystère et jeu de la transformation
Des objets du voisinage transformés en citoyens muets de cette ville, mais citoyens à part entière, qui regardent le photographe qui les a surpris.

Car il a vu dans leur transformation le signe de leur intégration : venus de tous les pays du monde, ils sont plantés dans le paysage, et de belle façon. Ils me regardent, je tends l’oreille et je les entends : ils parlent français ! Les Origènes ne sont plus étrangers, ils sont simplement étranges. Je les vois et ils me regardent. Mon appareil photo est un révélateur de transformation. Chacun y va de sa forte personnalité.

Ainsi de celle de l’Asiatique du canal. Je le soupçonne de quitter son arbre la nuit pour se rendre à la pagode, mais dans l’ensemble il est fidèle à sa place, près du canal. Il y est point de repère. Une ville de nouvelle, tellement jeune, a besoin de re-pères. S’il vieillit c’est au rythme lent de l’arbre où il a pris corps, je devrais dire visage. A l’abri, mais pourtant exposé aux intempéries. Le repère ne peut pas se cacher. Il ne peut pas cacher les stigmates de quelques souffrances visibles sur la surface de sa peau, comme cette cicatrice verticale. Voici bien la trace d’une agression : une balafre en plein visage, comme la trace d’une lame qui aurait fendu le visage de haut en bas, encore rouge, tuméfiée. L’Asiatique du canal peut devenir souffre-douleur. Trop facile de s’en prendre à un repère en forme d’Asiatique intégré dans la ville-paysage, tentant de montrer la voie à des humains qui perdent le Nord. Ma photographie devient acte de compassion.

Il y gagne en humanité. Surmontant sa douleur, il devient hiératique et apparaît de plus en plus sous la forme d’un masque, ce qui est pratique pour échapper au destin de sa transformation : d’arbre en visage, d’Asiatique en montreur de voie, d’immigré en citoyen, et d’humain souffrant en masque rituel, point ultime de la transformation qui porte au transcendantal. A force de montrer son visage il en fait saillir les caractères extrêmes et essentiels qui fondent le masque. Serait-ce pour se cacher ? A moins qu’il ne veuille encore se montrer, mais sous une autre forme, en un visage devenu porteur de mot : ainsi est né son nom, l’Asiatique du canal. Mystères et jeux de la transformation ».
Claude Mollard

Biographie

Claude Charles Mollard est né le 9 septembre 1941 à Chambéry (Savoie). Il est expert culturel, artiste-photographe et écrivain. Licencié en Droit, diplômé de l'Institut d'études politiques de Lyon, il est ancien élève de l'École nationale d'administration (1965 / 1967). De 2004 à 2010, il est conseiller-maître à la Cour des Comptes. Il est actuellement président de l’association des amis de Frans Krajcberg, conseiller du président de l’IMEC (Institut mémoires de l'édition contemporaine) Jack Lang pour le projet de transfert de l’Atelier typographique de l’Imprimerie nationale depuis Paris à l’abbaye d’Ardenne à proximité de Caen. Claude Mollard est aussi enseignant et conférencier auprès des universités d’Aix-Marseille, de Gênes, de Rio de Janeiro, de l’ICART (Paris).

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Le photographe-plasticien

Claude Mollard a décidé de rendre public son travail photographique qu’il conduit depuis plus de 40 ans. Il a commencé à faire des expositions de photographies qui reproduisent les esprits de la nature, sorte de paysages anthropomorphes. Les Editions «
Cercle d’Art   » lui ont consacré un livre qui présente ces images avec un texte de Christine Buci-Glucksmann qui les appelle les «   visages d’avant les dieux   ».

Il a entrepris un recensement dans de nombreux pays des «
origènes   », nom qu’il donne à ses photos anthropomorphes, pour identifier à travers ces visages que les hommes primitifs avaient déjà reconnus, les origines de notre culture, de l’art et donc de l’homme lui-même. Depuis 2005, il a exposé à Marrakech, Strasbourg, Gand, Bruxelles, Karlsruhe, Paris (Espace Paul Ricard), Naples, Paris, Aix-en-Provence, Arles, abbaye de Silvacane, Meknès, Lima (Pérou), Paris, Mayence, Nançay, etc.

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Carrière politique

En 1967 Claude Mollard adhère au PSU, il travaille avec Pierre Mendes-France, qu’il aide dans la préparation de ses discours et conférences. À cette période il est aussi assistant parlementaire de Michel Rocard. De février 1968 à juin 1971 il est secrétaire de la section du PSU du Ve arrondissement de Paris.

En juin 1981, repéré par Jack Lang, Claude Mollard est chargé de mission à son cabinet. Il se fait vite remarquer et en avril 2000, il est nommé auprès de Jack Lang, ministre de l’Éducation nationale, en qualité de «
chargé de mission auprès du ministre pour les arts et la culture   ». Il conçoit puis met en œuvre «   le plan de cinq ans» des deux ministres de la Culture et de l’Éducation nationale pour développer les arts à l’école.

Il est responsable, à ce titre, de la création des classes à PAC (à projets artistiques et culturels) - près de 30
000 seront réalisées pour la seule année scolaire 2001-2002.

Nommé en janvier 2001 directeur général du Centre national de documentation pédagogique (CNDP), il poursuit dans ce cadre la mise en place du Plan, ainsi que la réforme du CNDP et de son réseau de centres régionaux, l’ensemble prenant le nom de réseau SCEREN en mars 2002 (Services Culture Editions Ressources pour l’Éducation nationale
: budget total de 150 millions d’euros et 3   500 agents répartis sur tout le territoire).

À ce titre il met au point de nombreuses publications, éditions et productions audiovisuelles et multimédia
:

avec la Cinq, coproduction de nombreuses émissions télévisées à caractère pédagogique,

avec la Cinq, création de la première web TV européenne, accessible dans tous les établissements scolaires abonnés par les collectivités locales (programmes disponibles à terme
: 300 heures sous la forme de 2   000 modules téléchargeables.)

avec Gallimard, la coproduction d’une collection de 30 ouvrages minimum, à raison de un par académie, “ l’Art pour guide ”, première histoire culturelle des régions de France depuis la préhistoire.

: la collection «   les petits cahiers   »

en liaison avec les ayants droits la collection de DVD à usage pédagogique portant sur les grands films du patrimoine français et étranger
: Les Quatre cents coups de Truffaut, La Prisonnière du désert de John Ford, Où est la maison de mon ami   ? de Kiarostami, Les Temps modernes de Charlie Chaplin, etc.

avec les Editions Autrement, une collection de dix livres d’initiation aux différents arts à destination des élèves du collège et du lycée.

dans le domaine des arts et de la culture, l’édition ou la coédition de plus de 150 produits pédagogiques.

Il développe la production de DVD en portant à près de 50 le nombre d’exemplaires issus du SCEREN au cours de ces trois années. Il rénove la Librairie de l’éducation de la rue du Four à Paris dont le chiffre d’affaire s’accroît de 40
% en un an.

Comme haut fonctionnaire dans le secteur public de la culture et de la communication

De 1971 à 1978, il participe à la conception, la construction puis l'ouverture au public du Centre Georges Pompidou en qualité de directeur administratif et financier puis de secrétaire général. En 1978, il est nommé secrétaire général de l’Institut national de l'audiovisuel (INA) auprès du président Pierre Emmanuel.

De 1979 à 1981, il est Délégué Général de l’Union centrale des arts décoratifs. Il engage à ce titre la rénovation du musée des Arts Décoratifs et lance le musée des Arts de la mode. Il crée une filiale spécialisée dans l'édition d'objets d'art à partir des collections du musée
: ARCODIF.

À partir de 1981, il est nommé chargé de mission auprès de Jack Lang, ministre de la Culture. À ce titre, il a en charge le doublement du budget du ministère qu'il mènera à bon port, la réorganisation des services du Ministère et le lancement d'une nouvelle politique des musées et des arts plastiques.

En 1982, il crée la Délégation aux Arts plastiques, dont il est nommé délégué ainsi que président du Centre national des arts plastiques (CNAP). Dans ces nouvelles fonctions, il lance les FRAC (Fonds régionaux d'art contemporain), il gère le FNAC (Fonds national d'art contemporain), il crée et gère le Fonds de la Commande Publique, il lance les aides à l'édition, il crée le FIACRE. Il assure la gestion des Manufactures nationales de tapis et tapisseries des Gobelins, de Beauvais, du Puy, de Lodève, le Mobilier national, l'Institut supérieur de restauration des œuvres d'art (IFROA), sept écoles nationales d'Art (Cergy, Dijon, Aubusson, Nancy, Limoges, Bourges, Nice).

Il exerce la tutelle de l'État sur l'École nationale supérieure des Beaux Arts, sur celle des Arts décoratifs et sur la villa Médicis à Rome.

En septembre 1982, il devient président du Centre national de la photographie qu'il crée et dont la direction est assurée par Robert Delpire. Il créera l'École nationale de la photographie à Arles, inaugurée en 1985.

En 1983, il lance l’École nationale supérieure de création industrielle (ENSCI) dont le premier Président est Anne-Marie Boutin. Cette école supérieure est le premier établissement d'enseignement supérieur à recevoir en France le statut d'établissement public à caractère industriel et commercial.

À cette période il lance le Centre national d'art contemporain de Grenoble (appelé aussi «
le Magasin   ») dont il assure la présidence. Il crée l'APCI (Association pour la promotion de la création industrielle) qui organise notamment les concours du mobilier de bureau, du luminaire, des arts de la table, de l'éclairage urbain. À partir de 1985, il assure la présidence de l'Association de préfiguration du Centre national des arts culinaires, présidée ensuite par Jean Ferniot.

Il lance et fait réaliser un certain nombre de grandes commandes publiques à des artistes, dont la Tour aux figures de Jean Dubuffet, la fontaine de Tinguely et Niki de Saint Phalle au Centre Pompidou, le Centaure de César dans le 6e arrondissement de Paris, les accumulations d'Arman (horloges et valises) à la gare Saint-Lazare, les colonnes de Buren au Palais Royal et plus de cent autres sculptures. Il organise un certain nombre de manifestations culturelles telles que "Les métiers de l'Art" avec François Mathey: 1979, Paris, musée des Arts Décoratifs. L'Art zaïrois" au musée des Arts décoratifs: Paris 1981. L'Empire du Bureau
: musée des Arts décoratifs, 1984. "Mobilier national, 20 ans de création"   : Centre Pompidou, 1984. "La deuxième biennale des métiers d'art"   : Villeneuve-lès-Avignon, 1984. Architextures 85   : la tapisserie en France, École des Beaux Arts de Paris, 1985. La Biennale de Paris   : Grande Halle de la Villette (dont ce sera l'inauguration), 1985. Lumières, je pense à vous   : Centre Pompidou, 1985.

Consultant et chef d'entreprise

Entre 1986 et 1996

En 1986, il quitte le ministère de la Culture et obtient une mise en disponibilité de la Cour des Comptes pour créer une entreprise de conseil autour du concept d'ingénierie culturelle qu'il invente et dont il assure le développement, et l'Institut Supérieur de Management Culturel (ISMC) dont il exerce la direction.

À ce titre il lance un grand nombre d’études, de projets et de manifestations en France et à l'étranger (au total plus de 500) parmi lesquelles figurent
:

la Cathédrale d'Évry

la Fondation de la Mémoire à Oradour-sur-Glane

Tuileries 89 (700 000 visiteurs dans le cadre du Bicentenaire de la Révolution française)

L’Europe des Créateurs Utopies 89 au Grand Palais, avec la participation de 50 villes et régions de plus de 20 pays d’Europe.

le Parc archéologique de Carthage en Tunisie

la Bibliothèque francophone de Limoges, les bibliothèques de Rouen, Blois, Montpellier, etc.

le musée historique de Sarlat

le musée gallo-romain de Périgueux

la Scène nationale de Quimper

le Sésame d’Information Touristique de Laruns (Pyrénées-Atlantiques)

L’exposition des artistes tchèques et slovaques à Paris et à Quimper

L’exposition Les Monuments de Calder à la Défense et à la Kunsthalle de Bonn

L’exposition La Tour Eiffel et l’Art au Japon

le Festival des musiques africaines au Zimbabwe

le développement du tourisme dans les monuments historiques en République tchèque, en Slovaquie, Hongrie et Pologne

Le projet de Théâtre national catalan par Ricardo Bofill à Barcelone

France, troisième génération, exposition sur les jeunes artistes français à l’Exposition universelle de Séville

le développement du “ Pôle verrier ” dans la ville de Nancy

le programme de l’Arsenal de Metz, auditorium construit par R. Bofill

l’établissement pour le compte de la CEE de plans de formation des acteurs culturels chargés de la valorisation du patrimoine en Afrique, et du développement théâtral au Brésil et au Venezuela.....

le projet de "tour de la terre" aux côtés de Nicolas Normier (1997-1998)

le projet des Sept Merveilles parrainé par l'UNESCO

le projet d'Avignon Capitale culturelle de l'Europe en l'an 2000 (1998)

le projet 7 autoportraits pour les 9 villes européennes de la culture en liaison avec la CEE (Saint Jacques de Compostelle, Avignon, Bologne, Bruxelles, Prague, Cracovie, Reykjavik, Bergen, Helsinki) (1998)

le projet de réhabilitation du château du Rivaud (au pays de Rabelais)

la réorganisation de l'Orchestre de Paris

le projet de développement touristique du pays de Vannes

le projet de Cité de la Terre à Bobigny

En 1996 Claude Mollard quitte l’Agence ABCD qui est reprise par ses consultants. Il réintègre la Cour des Comptes et décide de recentrer ses activités. Il entreprend la rédaction de l’histoire de la politique culturelle de la Ve République (Le Cinquième Pouvoir, la culture et l’État, de Malraux à Lang paru chez Armand Colin en octobre 1999).

L’écrivain

Il a publié des monographies de projets culturels
:

- L’Enjeu du Centre Pompidou (collection 10/18, 1976)
;

- La Passion de l’Art (La Différence 1986)
;

- La Cathédrale d’Évry (Odile Jacob 1996).

Un essai
:

- Le Mythe de Babel, essai sur l’artiste et le système. Grasset(1984)

Des ouvrages méthodologiques
:

- Profession
: ingénieur culturel (La Différence 1987)   ;

- Concevoir un équipement culturel (Le Moniteur 1992)
;

- L’Ingénierie culturelle (Que sais-je
? 1994, 2e édition en 1999, 3e édition en 2008).

Des livres d’art :

- Jeanclos (La Différence, 1986)
;

- Les mille et une nuits de Ramsà (Picturia Edelweiss, 1989)
;

- Vana Xenou (Le Cercle d'art, 1995) .

- Le Poème attrapé par la queue (AREA, 1999)
;

- Les Nouveaux Réalistes (Le Cercle d’art, 2002)
;

- Juan Gris (Le Cercle d’art, 2006).

Un livre d'histoire
:

-Le 5e pouvoir, la culture et l’État de Malraux à Lang, (Armand Colin, 1999)

Un conte
:

- Le Très Grand Véda en TGV, chez Gallimard, mars 2004, avec 50 dessins de Tomi Ungerer

Une biographie
:

- Frans Krajcberg, la traversée du feu, (co-auteur la journaliste Pascale Lismonde) Isthmes Editions, 2005

Des livres sur ses photographies dites «
Origènes   » qui représentent une captation des «   esprits de la nature   »   :

- Origènes, avec un texte de Christine Buci-Glucksmann
;

- Pompéi, métamorphose du portrait, avec des textes de Pascale Lismonde, de Michel Sicard et de Claude Mollard.

Des nombreux articles sur la culture et sur l’art contemporain.

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Décorations

Chevalier de la Légion d'honneur

Officier de l'ordre national du Mérite

Commandeur de l'ordre national des Arts et des Lettres

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