MALLER Nina, Peinture - artiste permanente de la galerie Capazza depuis 2024


"Une des grâces de sa démarche se découvre dans son attention réfléchie laissée au vide, au blanc, à la réserve de la feuille. C’est dans ce silence, dans cette disponibilité, dans cette nudité du papier qu’on ressent paradoxalement un souffle, une vitalité, un courant, des vibrations. Les oppositions du noir et du blanc font oublier les couleurs pour les remplacer par des jeux de valeurs qui marient avec subtilité et de façon saisissante ombre et lumière. Les blocs sont légèrement fissurés et laissent apparaitre des canaux, des sinuosités, des déchirures des écoulements comme l’image d’un système nerveux. Elle laisse percevoir comme un halo qui se voile au sortir d’une profondeur opaque et impénétrable, une lumière impalpable prise dans les rets noirs et sombres des mailles d’un filet. Lueurs crépusculaires, taches jetées avec une passion contenue produisent une lumière abstraite qu’on croit dépouillée de son enveloppe sensible alors qu’elle marque une maîtrise parfaite de la matière. 

     "Renaud Faroux, Historien d'art, Paris, avril 2022.



"Devant ses blocs qui dessinent des perspectives, on pense aux jardins de pierres de Ryōan-Ji de Kyoto ou les graviers de kaolin harmonieusement ratissés symbolisent l’océan et où des rochers figurent des montagnes. Nous faisons un avec les éléments, avec le vent qui nous entoure, l’eau qui nous anime, la terre qui nous porte. Par sa proximité avec la nature, en se laissant inspirer par le support, par le papier, par la pierre, par l’encre, par l’eau... l’artiste est en osmose avec une spontanéité naturelle.  


        "Renaud Faroux, Historien d'art, Paris, avril 2022.








"C’est en travaillant la rencontre et les échanges entre le papier, l’eau et l’encre, et en laissant se déployer leurs contacts que ces dessins se sont formés. Ils sont les empreintes des phénomènes de collisions, de répulsions ou d’affinités de ces matières les unes avec les autres. Le dessin devient une modulation de leurs contacts, une manière de faire varier ces rencontres qui se mettent à produire des paysages.


Sur le papier incliné ou levé verticalement, l’eau qui s’écoule déchire le tissu de l’encre en formant un réseau méandreux. L’eau creuse, transporte ou diffuse l’encre. Lignes d’écumes ou sillons d’une ravine, un réseau de ressemblances se tisse entre l’affleurement d’un versant de montagne et le déferlement d’une vague, le tissu innervé d’un muscle ou les alluvions d’une rivière.


Les dessins présentés ici sont donc tous induits par ce même geste d’écoulement, modulé et répété à la surface du papier ou de la pierre. C’est dans ce ravinement de la surface et sa modulation que je tente d’ouvrir ces échanges qui constituent un paysage : le tumulte des contacts entre le ciel et la terre, cette rencontre de l’aérien et du géologique, du massif et de l’épars, du stable et du fluide...


En laissant notre regard se perdre dans l’infinie différence des choses que déploie le paysage, leurs métamorphoses les unes dans les autres nous enveloppent et nous ouvrent à ses qualités sensibles. Chaque chose s’y présente en gardant la trace d’une rencontre passée et semble déjà creusée par la marque d’un autre contact à venir. « Le paysage est le milieu et le résultat toujours changeant des métamorphoses qui le traversent. » écrit Jean-Marc Besse.


Il reviendrait alors au dessin de penser et de faire advenir l’espace qui déplie, condense, ces polarités. C’est-à-dire d’en faire naître un rythme où elles se tournent les unes dans les autres, en déployant l’espace de leurs coexistences."  


 Nina Maller






 






Repères biographiques

Nina Maller (1994)

Vit et travaille dans la Drôme (Fr).
Nina Maller étudie à l’atelier dessin de l’Académie Royale des Beaux- Arts de Bruxelles où elle obtient son diplôme en 2018. Elle s’initie également à la technique de la lithographie dans des ateliers en Belgique, en France et en Irlande. 
Nina Maller construit sa pratique artistique dans un dialogue avec les matières qu’elle convoque, le papier, l’eau, les pigments et l’air. De leurs contacts sur la surface du papier, elle crée des phénomènes ondulatoires, des espaces mouvants et en devenir qui évoquent les rencontres et les métamorphoses de l’eau, de la pierre et des nuages. 

Elle participe à des résidences en France (Musée du Pays d’Ussel, Centre d’art de Mouthier-Haute-Pierre) et à l’étranger (Lichtenberg Studios à Berlin, Seacourt Print Workshop en Irlande). 

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Expositions, distinctions

Expositions collectives

2026
Jardins invisibles, Galerie Capazza, Nancay, FR

2025
The Lichtenberg Studios at the Museum, Museum Lichtenberg, Berlin, DE
Équilibre, Galerie Capazza, Nancay, FR
À la passée du vent, Festival Off du dessin de Arles, Galerie Karine Meyer, Arles, FR

2024
10ème édition du salon du dessin contemporain, Lyon art paper, Lyon, FR
Haïku, Atelier Carcavel, Crest, FR
Horizons, Galerie Capazza, Nancay, FR
Plis de pierre et d’eau, Atelier Carcavel, dans le cadre du festival international du film de rivière, Crest, FR

2023
Sur papier, Galerie De l'Est, avec Les Editions Voix de Garage, Compiègne, FR
Verdure, Atelier Carcavel, Crest, FR
Embrasures, Passenger Galerie, Bruxelles, BE.
Poésie graphique, Atelier Carcavel, Crest, FR

2017
Dessin en archipel, Fondation Suzanne Bastien, Port-Vila, Vanuatu.

2015
Précipités et corps, La Chapelle Saint-Jean, La Garde-Freinet, FR. 

2014
Corps-Anatomique, recherches en cours, Bibliothèque des Sciences de la Santé, Université Libre de Bruxelles, BE. 

Expositions personnelles
2025 – Traces, DIEresidenz, en collaboration avec Lichtenberg Studios (Berlin), Die, FR
2022 – D’eau et de pierre, Musée du Pays d’Ussel, Ussel, FR.
2020 – Ravines, La Chambre Galerie, Bruxelles, BE.

Prix 2024

 Prix Emergence Canson 2024, dans le cadre du salon du dessin contemporain, Lyon Art Paper.

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